Fonds euros : la sécurité qui coûte plus cher qu'on ne croit
Le fonds euros est le placement préféré des Français, et le plus rassurant : capital garanti, disponible, sans mauvaise surprise. Sauf que la vraie mauvaise surprise est ailleurs : dans ce que cette sécurité te coûte, année après année, sans que tu la voies.
Les chiffres réels
Regardons les faits, pas les impressions. Le rendement moyen des fonds euros s'est établi à 2,65 % en 2025 (source ACPR), après environ 2,5 à 2,6 % en 2024. Des chiffres en légère hausse, portés par la remontée des taux obligataires depuis 2022.
Mais le rendement affiché ne dit pas tout. Ce qui compte, c'est le rendement réel, une fois l'inflation déduite. Et là, l'histoire récente est cruelle : en 2022 et 2023, avec une inflation atteignant 4,9 %, le rendement réel des fonds euros a été négatif. Autrement dit, ton capital « garanti » perdait du pouvoir d'achat chaque année, en toute sécurité.
La sécurité qui appauvrit
C'est le paradoxe du fonds euros. Ton capital ne baisse jamais en euros, c'est vrai. Mais ce que tu peux acheter avec, lui, peut baisser. Un capital stable dans un monde où les prix montent, c'est un appauvrissement déguisé. La garantie porte sur le nombre, pas sur la valeur.
En 2024-2025, avec une inflation retombée autour de 1 %, le rendement réel est redevenu légèrement positif (de l'ordre de +1 à +1,75 %). C'est mieux. Mais soyons lucides : +1 à +1,75 % par an, c'est de quoi ne pas s'appauvrir, pas de quoi construire un patrimoine. Sur une vie d'épargne, l'écart avec une allocation diversifiée devient abyssal.
Pourquoi les Français y restent quand même
Par habitude, et par aversion au risque. Le Livret A, longtemps la référence, est retombé à 1,5 % début 2026, ce qui a redonné un attrait relatif au fonds euros. Et il reste un support utile : pour une épargne de précaution, une poche de sécurité, une réserve disponible, le fonds euros a toute sa place. Le problème n'est pas le fonds euros en soi. C'est d'en faire l'essentiel de son patrimoine long terme.
L'alternative n'est pas « tout risquer »
Sortir du tout-fonds-euros ne veut pas dire tout miser sur les actions. Cela veut dire construire une allocation adaptée à ton horizon et à ton profil : une poche de sécurité (dont le fonds euros peut faire partie), et une poche de croissance diversifiée (actions, immobilier, non coté, selon ta situation). L'enjeu est le dosage, pas le tout ou rien. Un patrimoine bien construit n'oppose pas sécurité et rendement : il les combine intelligemment.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
On en parle chez Wealthim
On regarde la part de ton patrimoine qui dort en fonds euros, et si ce dosage sert vraiment tes objectifs. En architecture ouverte, on construit l'allocation qui correspond à ton horizon, sans promesse de rendement, avec une vraie méthode.
Le vrai calcul à faire
Pour juger un fonds euros, ne regarde jamais le rendement brut seul. Fais la soustraction : rendement affiché, moins les prélèvements sociaux (17,2 %), moins l'inflation, moins l'éventuelle fiscalité. Ce qui reste, c'est ton gain réel de pouvoir d'achat. Fais ce calcul sur les dix dernières années, et le constat est net : le fonds euros a surtout servi à ne pas perdre trop, rarement à gagner.
Cela n'en fait pas un mauvais outil : un coussin de sécurité doit privilégier la disponibilité, pas la performance. Mais cela disqualifie l'idée d'en faire le socle d'un patrimoine long terme. Le bon réflexe : garder ce qu'il faut de fonds euros pour dormir tranquille, et faire travailler le reste.
Questions fréquentes
Combien rapporte le fonds euros en 2025 ?
En moyenne 2,65 % (source ACPR), avant prélèvements sociaux et fiscalité.
Le fonds euros fait-il perdre de l'argent ?
Pas en euros, mais en pouvoir d'achat : son rendement réel a été négatif en 2022-2023 face à l'inflation.
Faut-il abandonner le fonds euros ?
Non. Il reste utile comme poche de sécurité. L'erreur est d'en faire l'essentiel de son patrimoine long terme.
Quelle est l'alternative ?
Une allocation diversifiée et dosée selon ton horizon, combinant sécurité et croissance, pas le tout ou rien.
Comment juger vraiment un fonds euros ?
En calculant le rendement réel : rendement affiché, moins prélèvements sociaux, moins inflation. C'est le gain de pouvoir d'achat qui compte, pas le taux brut.
Quelle part de fonds euros garder ?
Celle qui correspond à ton besoin de sécurité et de disponibilité à court terme. Le reste, sur un horizon long, gagne à être diversifié.
Le fonds euros va-t-il remonter ?
Son rendement s'est amélioré avec la hausse des taux, mais nul ne peut garantir l'avenir. Le raisonnement doit porter sur le dosage entre sécurité et croissance, pas sur un pari de taux.
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